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La rue Boursault (1842)

rue Boursault

La rue Boursault sous la neige, le 20 janvier 2013. Tronçon situé entre les rues Legendre et La Condamine. Vue tournée vers le boulevard des Batignolles

Ancienne voie de la commune des Batignolles, la rue Boursault (plus exactement, le tronçon situé entre le boulevard des Batignolles et la rue des Dames) est percée en 1842, sur des terrains qui appartenaient à Jean-François Boursault-Malherbe (1752-1842). Homme d’affaires et propriétaire foncier, l’homme avait eu, au cours de son existence, plusieurs cordes à son arc. Arrière-petit-fils du poète dramatique Edme Boursault, il avait embrassé la carrière d’acteur, sous le nom de « Boursault-Malherbe » et s’était fait remarquer parmi les comédiens d’une troupe ambulante. Après de premiers succès à Paris, il avait pris la direction du Grand-Théâtre de Marseille, puis de celui de Palerme, où il gagna la confiance Ferdinand Ier.

De retour à Paris en 1789, Boursault-Malherbe s’enthousiasma pour les idées issues de la Révolution et se mêla de politique. Dénoncé à Robespierre après son implication dans l’évasion de plusieurs politiciens proscrits par les Girondins, il sauva toutefois sa tête : son ami Collot d’Herbois intercéda alors en sa faveur, lui obtenant une mission de représentant en Bretagne, qui lui assura de confortables rentes. L’engagement politique et militaire de l’ancien acteur ne parut néanmoins guère convaincant et, en 1795, il revint à la vie privée.

Au tournant du siècle, l’homme prit l’habitude de passer la belle saison à Yerres. La maison dont il était le propriétaire en 1806, possédait un jardin renommé pour ses plantes exotiques. Entre-temps, il avait divorcé et s’était remarié.

En 1807, l’homme délaissa le théâtre et s’affirma en homme d’affaires. Obtenant une concession des boues et vidanges de Paris, puis acquérant une maison de jeux, il fit fortune et se piqua de collectionner des tableaux. Boursault-Malherbe poursuivit sa passion pour la botanique dans les jardins de sa demeure parisienne, située rue Blanche, où il fit installer des serres chaudes, destinées à abriter les plantes les plus rares. Cet amateur passionné fut l’un des fondateurs, en 1827, de la Société royale d’horticulture de Paris.

Retournant à ses premières amours, il racheta le privilège de l’Opéra-Comique et de la salle Ventadour, mais perdit beaucoup d’argent, l’obligeant à vendre sa collection de tableaux. Il acheva sa longue vie, retiré à Versailles. C’est donc l’année de sa mort que le tronçon sud de la rue Boursault fut créé, rejoignant alors la rue Bénard (tronçon de la rue Boursault situé entre la rue des Dames et la rue Legendre) et la rue Jeanne-d’Asnières (tronçon situé entre la rue Legendre et la place Charles-Fillion, amputé après l’aménagement du square des Batignolles).

Les immeubles « Art Nouveau » de la rue Boursault

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62-64, rue Boursault

(1901)

immeubles rue Boursault

Les deux immeubles mitoyens de la rue Boursault, bâtis par l’architecte René-Auguste Simonet, constituent des chefs-d’oeuvre de l’ « Art Nouveau ». Édifiés sur un haut soubassement de pierre englobant le rez-de-chaussée et le premier étage, les immeubles de Simonet, larges de deux travées, offrent des façades qui présentent une grande diversité de matériaux (grès flammé, brique vernissée, bois, fer, ardoise). Chaque travée se distingue, même si une incontestable unité décorative unifient l’un et l’autre bâtiments.

balcon immeuble rue boursault

Le balcon à garde-corps en ferronnerie du troisième étage du n°64

Les garde-corps en ferronnerie des balcons singularisent l’immeuble de gauche, faisant saillie sur un mur recouvert de briques vernissées, seulement interrompus par l’encadrement à chaînage de pierre des fenêtres. La ferronnerie des balcons adoptent le répertoire décoratif propre à l’ « Art Nouveau » : elle développe le motif « végétal » de la tige qui s’ouvre en éventail, tout en ondulant, souvent terminée en « coup de fouet », auquel renvoie la menuiserie des fenêtres. Plus haut, une triple-fenêtre et, au-dessus, une galerie couverte bordée d’une balustrade et couverte d’un toit en charpente, animent les derniers niveaux de la travée de droite.

L’immeuble voisin comprend deux travées en saillie à structure métallique et parement de briques, appuyées sur des corbeaux de pierre, ornés de grappes de raisin. Ces deux travées rejoignent un balcon qui englobe deux rangs de lucarnes perçant un toit mansardé couvert d’ardoises. Les grandes baies de la façade des deux immeubles sont par ailleurs flanquées de petites ouvertures à pans coupés. La plaque signant les deux édifices mentionne le nom de l’architecte, la date de construction des deux immeubles et celui du céramiste Alexandre Bigot, qui fournit les briques vernissées et les grès flammés.   

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67, rue Boursault

(1905)

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Dans le sillage du style « Art Nouveau », la façade de cet immeuble comprend un rez-de-chaussée autonome comprenant, à gauche, une première fenêtre large d’une travée et demi, une seconde fenêtre, plus petite et dépourvue d’ornements, puis une porte latérale, à droite. L’encadrement mouluré de la grande fenêtre et de la porte forme un arc surbaissé dont le galbe en forte saillie présente un profil à peine incurvé et terminé en volutes.

Dans l’épaisseur de l’arc, les moulures donnent naissance à des tiges chargées de feuilles et de fleurs en bouton de chardons. Disposées entre d’étroites « meurtrières » séparant les trois travées de l’immeuble, les fenêtres des étages reprennent une décoration semblable, sans compter un décor de godrons concaves qui anime le linteau de chaque baie. Un rang supplémentaire de fenêtres achève l’élévation de la façade au-dessus de la corniche concluant le troisième étage.

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68, rue Boursault

(1902)

Domicilié au numéro 72 de la rue Boursault, l’architecte Auguste Verdonnet bâtit, sur une parcelle voisine, l’édifice dans lequel il installe son agence. La façade sur rue lui sert en quelques sortes de vitrine, dans un style « Art Nouveau ». Cette façade ne comprend que deux étroites travées. Six étages s’élèvent au-dessus du rez-de-chaussée, séparé du premier étage par un bandeau rectiligne. Des lignes de refends et une triple fenêtre en « forme de champignon » singularisent le second niveau, placé sous une seconde corniche très découpée. Précédé d’un garde-corps continu, le dernier étage en façade est surmoonté de deux lucarnes, l’une coiffée d’une voûte en pierre et l’autre d’un toit plat en menuiserie.

verdonnet rue Boursault

L’architecte privilégie l’asymétrie : il distingue la travée de droite, d’abord en forte saillie sur le mur, et la travée de gauche, dessinée sur le plan, hormis la boursouflure amorcée dans sa partie supérieure. Disposées en léger décalage, les fenêtres présentent en outre des dimensions et des formes différentes. L’architecte prend également soin d’alterner les effets décoratifs, de mêler les garde-corps en ferronnerie aux garde-corps en pierre. Les lucarnes du toit relèvent enfin de modes de construction différents. La ligne courbe caractérise la façade : frontons coupés, accolades, reliefs en méplat ou saillants, agrafes, baies aveugles, consoles au relief aplati, créent une composition animée.

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Sur la travée de droite, l’embrasure de la triple fenêtre constitue la base du grand encorbellement de la façade. Dans le tympan de la fenêtre, paraît une tête de femme souriante, à la chevelure balayée en arrière, avec quelques roses accrochées, et aux mèches ondulantes. Les attributs de L’Architecture l’accompagnent : le visage de la jeune femme est disposé entre les branches ouvertes d’un compas et la tige d’un porte-mine. A la naissance de l’encorbellement, des bouquets de roses sculptés en bas-relief se développent de part et d’autre de cette figure allégorique.

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