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Les façades italianisantes du quartier des Batignolles

Rue des Dames

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L’immeuble du 56, rue des Dames

De nombreux immeubles, bâtis quelques années avant l’annexion de 1860, illustrent les premiers développements du village des Batignolles. Parmi les immeubles élevés sous la Monarchie de Juillet, quelques-uns possèdent un indéniable caractère italien ou néo-renaissance. Les façades les plus élaborées présentent un décor sculpté qui s’inscrit, à la manière des villas romaines, dans des niches de forme rectangulaire ou ronde. Recouvertes d’un crépi clair qui tranche avec la pierre nue, elles concilient sobrement la ligne droite et l’arc cintré.

 Une première façade « à l’italienne » borde la rue des Dames : elle possède deux travées latérales, nettement séparées des travées centrales dont les fenêtres, groupées par trois, occupent le centre de la composition. Le triplet de l’étage, constitué de trois baies cintrées, séparées par des pilastres doriques, rappelle l’arcature d’une loggia. Les fenêtres rectangulaires du second niveau sont entourées d’une épaisse moulure et surmontées d’un fronton pointu. Toutes les autres fenêtres sont soulignées d’un simple entablement.

Rue Puteaux

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L’immeuble du 17, rue Puteaux

 Dans la rue Puteaux, deux immeubles, bâtis au fond d’une cour plantée d’arbres, retiennent l’attention des passants. La cour est bordée d’ailes en rez-de-chaussée, dont les toits forment des terrasses délimitées de garde-corps en ferronnerie. Le regard se porte d’abord sur la grille et les piliers sommés de grands vases en fonte, puis sur l’une des portes, flanquée de pilastres doriques, et enfin sur le décor à l’italienne de la façade, ornée de bustes et de statues dans des niches. 

Une première statue montre une jeune femme (Flore ?) vêtue d’une robe serrée sous la poitrine, une corbeille fleurie dans une main. La seconde figure est celle d’un jeune homme, habillé d’une tunique courte et d’une peau de bête, et coiffé de pampres. Il passe l’un des bras au-dessus de sa tête et s’appuie sur un tronc d’arbre, près d’un grand bâton. Cette figure s’inspire librement du Bacchus au repos, célèbre antique de la collection d’Henri IV que Louis XIV avait fait restaurer et reproduire en bronze pour compléter les copies d’antique de la façade du château de Versailles.

Les bustes des niches rondes occupent les trumeaux du second étage : on y voit notamment une jeune femme, les bras repliés sur la poitrine, qui s’apparente au type de la « frileuse », souvent décliné pendant la première moitié du XIXe siècle. Cet ensemble de sculptures semble évoquer les Quatre Saisons.

Rue Biot

rue Biot

L’immeuble du 21, rue Biot

Dans la rue Biot, un second immeuble de rapport, large de cinq travées, renvoie à la même source d’inspiration. Il comprend trois étages sur rez-de-chaussée, séparés par des corniches moulurées. La modénature est soignée : les deux premiers niveaux sont scandés de pilastres, dont le chapiteau est souligné de denticules ; le portail d’entrée est surmonté de deux baies géminées, dont les moulures retombent sur de petites têtes casquées. La façade en plâtre légèrement rosé, couronnée d’un entablement à modillons, est en outre décorée de quatre niches qui contiennent statues et bustes sculptés.

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Le décor sculpté

Bâti vers 1840, l’immeuble de la rue Biot était destiné à loger les employés et, d’une manière générale, les représentants de la petite bourgeoisie venus peu à peu s’installer dans cette commune limitrophe de Paris.

Les statues en pied qui occupent les niches du second niveau représentent deux figures féminines drapées à l’antique. Elles se font pendant, l’une portant une couronne végétale et l’autre, présentant une aiguière. L’attitude de la figure à l’aiguière et les plis de sa robe rappellent très étroitement la Flore de la rue Puteaux.  

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A l’attique, les trumeaux sont percés de niches rondes : elles contiennent deux bustes qui regardent vers les travées centrales. Celui de gauche est une femme en cheveux, dont les mèches bouclées sont retenues derrière la tête ; celui de droite, un jeune homme coiffé d’un bonnet phrygien.

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Les bustes de l’immeuble de la rue Jacob

Ces deux figures rappellent très précisément les bustes installés dans deux niches d’un immeuble de la rue Jacob (VIe arrondissement), bâti à la fin du XVIIIe siècle.

Rue Lécluse

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L’immeuble du 31, rue Lécluse

Sans doute très restauré, l’immeuble situé au débouché de la rue Lécluse, du côté de la rue des Dames, est proche de l’immeuble aux figures drapées à l’antique de la rue Biot : façade en plâtre teinté plutôt dépouillée, corniches et entablements moulurés, niches à sculpture, discrète modénature.

De dimensions variées, les niches à sculpture sont entourées d’une épaisse moulure ou ourlées d’un arc. Elles n’abritent plus de sculptures et certaines d’entre elles ont été percées et fermées d’une baie vitrée.    

Rue La Condamine

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L’immeuble du 64, rue La Condamine

L’immeuble plus ordinaire de la rue La Condamine passe peut-être plus inaperçu : ses travées centrales, en léger ressaut et nettement séparées des travées extérieures, portent, à l’instar de l’immeuble de la rue des Dames, un triplet de fenêtres en plein-cintre, situé au-dessus de la porte d’entrée.

L’immeuble s’élève sur trois niveaux, isolés par une corniche moulurée et encadrés de faux pilastres à chapiteau dorique. Il s’appuie sur un rez-de-chaussée à refends, percé, à gauche, d’un portail, qu’un trumeau sépare en deux vantaux.

Rue Boursault

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L’immeuble du 41, rue Boursault

La façade au crépi clair de l’immeuble de la rue Boursault frappe par la rigueur géométrique de sa composition, à la manière, mais bien plus modestement, d’un palais florentin. Cet immeuble s’élève sur trois étages, sur lesquels s’est probablement ajouté un niveau supplémentaire, qui était peut-être à l’origine sous comble.

Il s’appuie sur un rez-de-chaussée à refends, percé d’une baie et d’une porte en plein cintre, ainsi que d’une grande ouverture destinée à abriter un local commercial. Au premier étage, les linteaux des fenêtres sont découpés de tables rectangulaires, ornées de losanges taillés en pointe de diamant. Au second étage, les fenêtres sont coiffées d’un fronton pointu sur consoles. Des tables carrées, soigneusement moulurées, dominent également les trumeaux.

Rue Nollet

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L’immeuble aux profils – 20, rue Nollet

L’immeuble de rapport situé au 20, rue Nollet est clairement d’inspiration néo-renaissance. Edifié vers 1850, il comprend quatre travées et une porte voûtée en plein cintre à la riche ornementation.

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Motifs de grotesques et médaillon au portrait de profil

La voussure de la porte est parcourue de grotesques, les moulures latérales soutiennent de petites corbeilles de fleurs, le linteau, sous une corniche à denticules, est chargé de rinceaux. 

Le carré au chiffre est traversé d’une lourde guirlande de fruits et la console à enroulement, partagée par un rang de perles. Dans les écoinçons de l’arc, les médaillons représentent deux têtes de profil d’hommes barbus : l’un coiffé de la barrette ecclésiastique; l’autre d’un bonnet retroussé ou d’un casque.  

Rue Lemercier 

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L’immeuble du 16, rue Lemercier

Doté d’une façade particulièrement soignée, l’immeuble de la rue Lemercier, bâti vers 1840, possède cinq travées, que l’architecte a pris de soin de rythmer de pilastres doriques à chaque niveau. Le rez-de-chaussée et l’étage sont décorés de refends ; chaque niveau est en outre isolé par une corniche saillante, à l’exception des niveaux médians.

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Le décor sculpté

Les travées qui encadrent la porte d’entrée sont plus larges et sont décorées, à la manière d’une villa romaine, de deux niches à sculpture. Ces niches abritent quatre figures en pied qui représentent, de gauche à droite, une jeune femme en tunique à l’antique, une Vénus, un jeune homme et une femme en toge.

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L’allégorie de la Force (?) et la Vénus pudique

 La jeune femme en tunique à l’antique porte un manteau, fixé sur l’épaule, qui laisse un bras dénudé. Ses cheveux sont noués derrière la tête. Elle tient, dans une main, la massue d’Hercule autour de laquelle un serpent s’est enroulé. De l’autre main, elle serre la garde d’une épée, dont la lame a disparu. Cette figure pourrait représenter l’allégorie de la Force, l’une des quatre vertus cardinales.

La figure de Vénus retient une draperie qui lui permet de masquer son sexe, alors qu’elle couvre sa poitrine d’un geste pudique. Les plis de la draperie dévoilent un grand vase, posé à ses pieds.

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A gauche : Vénus de Médicis, Ier siècle avant J.-C., marbre, Florence, musée des Offices

Au centre : Jean-Jacques Clérion (1640-1714), Vénus pudique, d’après la Vénus de Médicis, 1666-1673, marbre, château de Versailles

A droite : Copie d’après la Vénus de Médicis, jardins du musée des Beaux-Arts de Lyon 

La Vénus de Médicis, copie en marbre d’un bronze grec original, est sans aucun doute la source d’inspiration de ce modèle, qui en reprend très exactement la pose. Connu par Botticelli, qui s’en inspira probablement pour la Naissance de Vénus, ce fameux antique fut longtemps conservé à Rome, à la villa Médicis, avant d’être envoyé à Florence. C’est l’une des statues antiques les plus copiées à l’époque moderne.

Sur la façade l’immeuble de la rue Lemercier, les deux autres figures -celles d’un jeune homme nu au fort hanchement (Bacchus ?) et d’une femme en toge- sont plus énigmatiques.

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