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Les façades d’esprit « troubadour » du quartier Pereire-Malesherbes (1880-1900)

Rue Juliette-Lamber

porte redressée

L’hôtel particulier du n°6 de la rue Juliette-Lamber

Bâti par un énigmatique « D. Evrard / Architecte » en 1883, l’hôtel particulier du n°6 de la rue Juliette-Lamber est volontiers rattaché au style néo-Louis XIII : le soubassement et le rez-de-chaussée de l’édifice sont construits en pierre, mais sa façade mêle, selon ce mode de construction en vogue dans la seconde moitié du XIXe siècle, les trumeaux de brique rouge et pourpre et les encadrements en pierre de taille.

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Une femme au miroir et un homme au livre

Des éléments du décor semblent toutefois reprendre le répertoire ornemental d’une architecture d’inspiration « troubadour » et faire revivre l’art du Moyen-Âge. Le garde-corps aveugle de la fenêtre du rez-de-chaussée est ainsi à remplages de pierre, les piliers et les linteaux sont ornés de rinceaux fleuris et de tiges végétales. Enfin, les chapiteaux animés de petits personnages rappellent l’application traditionnelle de la sculpture à l’époque romane et gothique.

Ces deux personnages, tournés l’un vers l’autre, posent dans la même attitude. La femme porte une robe à larges manches ; ses cheveux sont noués. L’homme porte une tunique, des chausses et des poulaines aux pieds. Les situations distinguent la femme, qui se contemple dans un miroir, et l’homme, apparemment plongé dans la lecture d’un livre.

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L’hôtel particulier du 7, rue Juliette-Lamber 

  Sur le trottoir d’en face, l’hôtel particulier du 7, rue Juliette-Lamber, construit par le même « D. Evrard / Architecte » en 1884, est plus clairement d’inspiration « troubadour ». Bâti en pierre, il repose sur un entresol percé de trois soupiraux et couronné d’une corniche. La porte d’entrée, située sur la travée de gauche, est augmentée d’un petit attique et encadrée de colonnettes à chapiteaux corinthiens.

Cet hôtel particulier comprend un rez-de-chaussée et deux niveaux en façade, ainsi qu’un niveau supplémentaire sous comble, au-dessus de la travée de gauche. A droite, le rez-de-chaussée et le premier étage sont éclairés par deux grandes baies rectangulaires, encadrées et divisées par quatre colonnettes. Chaque fenêtre est appuyée sur une tablette et un garde-corps ; celui de l’étage est décoré d’arcatures gothiques. A gauche, la fenêtre de l’étage reprend le même modèle, mais elle est plus étroite.

Un balcon filant marque le second étage : il repose sur des consoles géométriques entre lesquelles se loge une frise de motifs végétaux en forme de crochets. Au-dessus de la corniche à modillons, se dressent, d’un côté, une lucarne à meneaux, pinacles et fleurons, et de l’autre, une balustrade décorée d’une bande lombarde.

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L’hallali au cerf

Le bandeau décoratif séparant la porte d’entrée et l’attique est orné d’une scène de chasse, représentant l’hallali au cerf. Deux chasseurs en costume médiéval encadrent la scène centrale, avec l’animal attaqué par deux chiens. Le chasseur de gauche pointe sa lance ; l’autre souffle dans un cor. La scène se déroule sur un fond de feuilles de chêne et de glands.

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Scène grotesque

Sous le bandeau décoratif à feuillage régulier séparant le rez-de-chaussée et le premier étage, plusieurs reliefs mettent en scène un bestiaire fantastique, en alternance avec des motifs végétaux. Le relief central associe un petit personnage ailé tirant la queue d’un félin rugissant.

Rue Alfred-Roll

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L’hôtel particulier du 6, rue Alfred-Roll

Élevé à la fin du XIXe siècle, l’hôtel particulier du 6, rue Alfred Roll est bâti en brique rouge, pour les trumeaux, et en pierre blanche, pour le rez-de-chaussée et les encadrements de fenêtre. Il comprend un rez-de-chaussée, surmonté d’un bel étage percé d’une large baie cintrée, d’un second étage en façade et de niveaux de lucarnes. La façade emprunte son répertoire décoratif au style « troubadour » : petits personnages animant les chapiteaux, garde-corps à remplages de pierre, motif d’entrelacs, chimères, gâble et crochets…

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L’élévation du 6, rue Alfred-Roll

Le rez-de-chaussée présente portes et fenêtres en alternance : la porte principale, disposée à gauche, est la plus ouvragée : elle est encadrée de pinacles et surmontée d’un gâble curieusement découpé, qui renferme la figure d’un canard prêt à prendre son envol, au milieu des roseaux.

L’arc de la principale baie, voûté en anse de panier, retombe sur l’abaque et l’échine d’un chapiteau à motif de chou frisé. La petite fenêtre et la porte secondaire, placées au centre de la composition, sont simplement moulurées.

Le gâble de la porte principale transperce la corniche du rez-de-chaussée. Au premier étage, une grande baie, subdivisée par de larges meneaux de pierre, occupe pratiquement la largeur de la façade. Surmontée d’un gâble décoré de choux frisés, cette baie s’appuie par ailleurs sur un garde-corps à remplages de pierre. Elle est décorée avec soin : une moulure ourle sa partie arrondie, qui interrompt un bandeau d’entrelacs et retombe sur deux créatures du bestiaire médiéval.

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Le fleuron figuré de la lucarne de droite

Le gâble de cette baie transperce la corniche du premier étage et fait émerger son fleuron entre les fenêtres du second étage, précédées de garde-corps à motifs quadrilobés, l’un aveugle, l’autre ajouré. Le garde-corps de la fenêtre de droite simule la saillie d’un balcon terminé en cul-de-lampe sous la corniche.

Au niveau des combles, un balcon filant construit en pierre et décoré de remplages réunit les deux lucarnes aménagées à la base de la toiture. Le fleuron de ces deux lucarnes est figuré par deux animaux apparemment humanisés : un chat, se grattant la tête, et un ours, coiffé et vêtu d’une tunique, qui semble prendre la parole.

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Les figures d’un moine et d’un angelot

La porte principale du rez-de-chaussée est encadrée par deux marmousets figurant, à gauche, un moine en robe de bure et sandales, assis sur un cochon et se rattrapant au socle du pinacle ; à droite, un angelot espiègle, recroquevillé sur une branche.

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L’homme au moulin

La clef trapézoïdale de la porte secondaire représente par ailleurs un homme portant tunique, chausses et sabots, occupé à tourner un moulin.

Rue Eugène-Flachat

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L’hôtel particulier du 8, rue Eugène-Flachat

Bâti en 1885, l’hôtel particulier du 8, rue Eugène-Flachat comprend deux travées de largeur et quatre niveaux en façade, auxquels s’ajoute un rang de lucarnes sous combles.

Le rez-de-chaussée s’appuie sur un soubassement percé de soupiraux : la travée de gauche est occupée par une large baie rectangulaire, subdivisée par deux colonnettes à chapiteau corinthien et coiffée d’une moulure qui s’appuie sur des chimères en guise de cul-de-lampe ; celle de droite reçoit la porte d’entrée, surmontée d’un attique qui comprend deux fenêtres séparées par une petite colonne.

Le second étage répète pratiquement la même ordonnance. Au niveau des combles, un toit en pointe, disposé sur les combles et éclairé par une fine « meurtrière », remplace, à droite, l’habituelle lucarne.     

 

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L’un des deux cartouches de la porte d’entrée

Bien que les noms des architectes Gaston Aubry et Georges-Louis Bayard soient mentionnés à propos de cet hôtel particulier, la signature apposée sur l’un des deux cartouches de la porte d’entrée indique « Tréhot archte », peut-être Émile-Mathieu Tréhot. Le style de la façade correspond à l’esprit troubadour, notamment le remplage des garde-corps et les figures des culs-de-lampe.

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Un angelot

Les petits angelots ailés, au visage poupin et au corps potelé, qui encadrent l’attique de la porte d’entrée, sont en revanche plutôt d’inspiration « Renaissance ».

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L’hôtel particulier du 24, rue Eugène-Flachat

Bâti en 1882 par Georges-Louis Bayard, l’hôtel particulier du 24, rue Eugène-Flachat présente une façade relativement sobre, qui comprend trois niveaux en façade, auxquels s’ajoutent un rang de lucarnes à la base du toit. Les seuls éléments de décor sont appliqués sur le trumeau central et sur la porte d’entrée.

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Cimiers

Deux grands cartouches ornés d’une branche d’olivier animent le trumeau ; l’un a été coupé après le percement d’une petite fenêtre, au rez-de-chaussée. Un relief sculpté, représentant deux cimiers affrontés, sur un fond de rinceaux, occupe le linteau de la porte d’entrée.

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Une console

Deux têtes sculptées ornent les consoles d’angle de la porte d’entrée, un peu à la manière du décor médiéval qui occupaient par exemple culots et culs-de-lampe. Ces têtes suggèrent un couple : une femme en cheveux, à gauche, et un homme portant un chaperon coiffé en bonnet, avec une écharpe retombant sur ses épaules. Tous deux semblent accueillir les visiteurs.

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image redressée

L’hôtel particulier du 30, rue Eugène-Flachat

Bâti en 1887 par l’architecte Gaston Aubry, l’hôtel particulier du 30, rue Eugène-Flachat a des allures de manoir : l’emploi de la brique rouge et de la pierre de parement, le comble très important et la lucarne axiale à ferme en bois apparente contribuent à ce cachet particulier.

La façade « brique et pierre » repose sur un entresol en meulière, séparé du rez-de-chaussée par une corniche simplement moulurée, qui se poursuit jusqu’à la porte d’entrée. Son décor est très sobre, en dehors de deux tirants métalliques très ouvragés.

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La porte d’entrée

La large baie à meneaux du rez-de-chaussée et la porte d’entrée confèrent un accent médiéval à la façade. En particulier, la porte d’entrée est flanquée de pinacles décorés de petits crochets et surmontée d’un gâble en accolade, qui perce l’encadrement de pierre et se termine en fleuron stylisé.

Du côté du boulevard Berthier, le revers de la façade de l’hôtel particulier, qui abrite également un atelier d’artiste, est par ailleurs traité en pans de bois. 

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