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L’Hôtel Dubufe – musée national Jean-Jacques Henner (1924)

Avenue de Villiers

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La façade du musée Henner

Le musée national Jean-Jacques Henner est installé dans un hôtel particulier de style « brique et pierre » néo-Louis XIII, bâti par l’architecte Félix Escalier entre 1876 et 1878. Comprenant à l’origine un rez-de-chaussée et deux étages sous comble, il avait été édifié pour le peintre Roger Jourdain (1845-1918), qui le vendit à Guillaume Dubufe (1853-1909), alors au sommet de sa gloire.

Situé dans la plaine Monceau, l’Hôtel Dubufe devint à la fois le domicile privé de l’artiste et le lieu de création de son œuvre, mise en scène dans chaque pièce de la maison. Dubufe transforma également le jardin en jardin d’hiver : une pièce d’agrément que la belle société de la seconde moitié du XIXe siècle considérait comme indispensable. De même, le décor intérieur évoquait, conformément au goût de l’époque, l’art des siècles du passé (Renaissance) et des grandes civilisations (Chine, Afrique du nord…).

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D’après Paul Dubois (1829-1905)

Buste du peintre Jean-Jacques Henner, fondu en bronze par la maison Barbedienne pour Mme Henner en 1922, Paris, façade du musée national Jean-Jacques Henner

En 1921, Marie Henner, nièce du peintre Jean-Jacques Henner, racheta l’hôtel particulier aux héritiers de Guillaume Dubufe pour y présenter l’œuvre de son oncle dont elle souhaitait faire le don à l’État. Depuis la transformation des lieux en musée, le buste de Henner décore la façade : il est disposé devant la grande baie vitrée du premier étage.

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Le salon aux colonnes

Le vestibule d’entrée de l’hôtel particulier menait à un salon « néo-Renaissance », séparé du jardin d’hiver à l’époque des Dubufe. Ce salon a conservé son plafond à caissons orné des chiffres de ce peintre et de son épouse Cécile (« D » et « C » entrelacés). En 1926, Marie Henner le fit ouvrir en remplaçant le mur de séparation par quatre colonnes en stuc.

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Jean-Jacques Henner

Jacques Langlois, 1889, huile sur toile, 42 x 32,5 cm, Paris, musée Jean-Jacques Henner

Le salon aux colonnes, meublé grâce à des dépôts accordés par le Mobilier national, présente plusieurs tableaux peints par Henner, notamment des portraits.

 

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Le jardin d’hiver

Le jardin d’hiver était autrefois encombré de plantes exotiques, que Dubufe avait disposées autour d’une fontaine. L’artiste en vogue recevait dans cette nouvelle pièce et y donnait des divertissements. Au fond du jardin d’hiver, un petit salon servait justement de scène de théâtre : il permet aujourd’hui l’organisation de concerts. C’est dans cet espace privilégié qu’est présenté le beau Portrait de la comtesse Kessler (vers 1886, Paris, musée national Jean-Jacques Henner).

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Le sol du jardin d’hiver est décoré d’une mosaïque à motifs de fleurs et de grecques, composée en 1878. 

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L’ancienne salle à manger

En ressortant du jardin d’hiver par le salon aux colonnes, une petite salle en retour, toujours au rez-de-chaussée, retient l’attention : elle renfermait la salle à manger. A l’époque des Dubufe, son décor mêlait les références artistiques dans le plus pur goût de l’éclectisme : des carreaux bleu et blanc en faïence de Delft, des porcelaines de Chine, des panneaux de bois et de laque de style oriental…

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Les carreaux bleu et blanc du décor actuel évoquent le goût « hollandais » qui faisait autrefois partie du décor de cette pièce : ils tapissent la cheminée et le rebord d’une fenêtre.

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Le patio

Un escalier à rampe et balustres de bois vernis mène au premier étage, desservi par un patio à deux étages, qui repose sur quatre larges arcades. A gauche, deux petites salles évoquent les débuts de Jean-Jacques Henner. La première salle évoque la jeunesse de l’artiste, né à Bernwiller (Sundgau), dans le sud de l’Alsace, où il débuta sa formation artistique, avant de poursuivre ses études à Strasbourg, puis à Paris, en 1846. Au cours de ses premières années, il fit surtout des portraits et des scènes de genre, mais aussi des paysages de sa région natale, devenue allemande après 1870.

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Un pan de mur de la salle Italie

Henner remporta le Prix de Rome en 1858 et séjourna à la villa Médicis pendant cinq ans. Au cours de cette période concluant brillamment sa formation artistique, le jeune peintre confirma ses progrès par la préparation et l’envoi de tableaux en France.

Henner se rendit à Florence, en passant par l’Ombrie, Parme, Venise et Milan, puis vécut à Naples. Il s’exerça à la copie des maîtres anciens, qu’il réalisait sur de petits formats. Il est ainsi l’auteur d’une version en petit de l’œuvre célèbre de Titien, la Vénus d’Urbino (Florence, galerie des Offices). Il réalisa également de nombreux paysages d’après nature, appliqués sur de petites feuilles de papier, puis marouflés sur toile.

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Le salon rouge 

En repassant par le patio, le visiteur entre dans une pièce, qui fut le premier atelier du peintre Guillaume Dubufe. Transformée en chambre orientale en 1889, cette vaste pièce est toujours éclairée par une haute et large baie vitrée qui donne sur l’avenue de Villiers.

L’une de ses extrémités forme un profond renfoncement en entresol, surmonté d’une mezzanine fermée de moucharabiehs égyptiens. Un petit escalier permettait d’accéder à la mezzanine, qui sert désormais de cabinet de dessins. Le centre de l’ancien atelier est occupé par un type de canapé rond, à la mode depuis le Second Empire.

Le « salon rouge » d’aujourd’hui présente plusieurs tableaux de Jean-Jacques Henner, dont l’œuvre qui le fit remarquer au Salon des peintures de l’année 1871 : L’Alsace. Elle attend.

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Jean-Jacques Henner

Madame Charles Rabot, 1885, huile sur toile, 50,2 x 36,2 cm, Paris, musée national Jean-Jacques Henner

De nombreux portraits illustrent le talent de l’artiste pour le genre des ressemblances, qui lui apporta un certain succès auprès d’une clientèle de qualité. 

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La galerie filant au second étage du patio

Pour poursuivre la découverte des lieux, il faut ressortir du « salon rouge » et emprunter à nouveau l’escalier en bois vernis. Le visiteur accède ainsi à la galerie formant le second étage du patio, éclairé par une verrière et une lanterne sévillane très ouvragée, suspendue à une grande console en ferronnerie.

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La galerie du patio

C’est par la galerie du patio que le visiteur pénètre dans le cabinet de dessins et peut contempler le « salon rouge » à travers les moucharabiehs.

atelier henner 11 place pigalle  intérieur atelier henner

A gauche : Anonyme, Immeuble abritant l’atelier d’Henner : 11, place Pigalle, Paris, musée Jean-Jacques Henner

A droite : Anonyme, L’Intérieur de l’atelier d’Henner. 11, place Pigalle, Paris, musée Jean-Jacques Henner

Jean-Jacques Henner avait installé son atelier dans un immeuble situé au 11, place Pigalle, occupé aujourd’hui par un cabaret nocturne.

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L’atelier gris

En 1935, la surélévation de deux étages de l’Hôtel Dubufe permit de créer un appartement (inaccessible au public) et un atelier d’artiste à l’usage de Many Benner (1873–1965), dernier élève de Henner et premier conservateur chargé du musée, conformément aux termes de la donation.

Ces transformations, effectuées sur les plans de l’architecte André Arfvidson, n’avaient pas pour objectif de reconstituer l’atelier de la place Pigalle, mais d’évoquer le travail de création de Henner par le moyen d’esquisses, d’œuvres inachevées, d’études et d’académies (nus masculins). Cette pièce présente également, dans une vitrine, la dernière palette utilisée par Henner, encore chargée de couleurs.

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Comme l’ancien atelier du premier étage, l’atelier gris est éclairé par une grande baie vitrée donnant sur l’avenue de Villiers. Une grande psyché, un chevalet, un meuble de rangement, des banquettes, un grand tapis, tirés de l’atelier de la place Pigalle, occupent cette salle.

L’atelier gris présente une ambitieuse composition mythologique, représentant des Naïades, que Henner avait réalisée en 1877, pour la salle à manger de l’hôtel particulier de M. et Mme Soyer, situé au 43 rue du Faubourg Saint Honoré à Paris. Livré à ses commanditaires, ce grand tableau fut racheté, en 1920, pour le musée Henner.

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